SEO : 5 vérités qui dérangent sur Google

Vous avez passé du temps sur vos textes. Optimisé vos images. Structuré vos pages. Et pourtant, votre site reste invisible dans les résultats.

Cette situation est courante. Et elle n'est pas toujours liée à un "mauvais SEO". Le plus souvent, elle vient d'un malentendu plus profond : la façon dont Google fonctionne est largement surestimée, et souvent mal comprise.

Le SEO n'est pas une recette magique. C'est la compréhension d'un système automatisé qui tente d'interpréter des pages web avec des contraintes très concrètes. Avant de chercher à optimiser, il faut déjà comprendre ce que Google peut voir, ce qu'il ignore, et ce qu'il choisit volontairement de ne pas traiter.

Voir une page n'est pas y accéder

L'une des erreurs les plus fréquentes consiste à penser que si une page s'affiche correctement dans votre navigateur, alors Google peut l'analyser sans problème. C'est faux.

Comme l'a rappelé Gary Illyes, ingénieur chez Google :

"Le fait que vous puissiez accéder à une page dans votre navigateur ne signifie pas que Googlebot peut y accéder."

La recherche Google repose sur plusieurs étapes distinctes : découverte de l'URL, exploration, rendu, puis éventuellement indexation. Entre "la page existe" et "la page est prise en compte", plusieurs filtres interviennent.

Pour afficher votre site, Googlebot utilise un moteur de rendu basé sur Chrome afin d'exécuter le JavaScript. Si des ressources critiques sont bloquées, si le rendu échoue ou si le serveur répond mal, le robot n'a qu'une vision partielle du contenu.

Autre point souvent ignoré : Googlebot ne lit pas indéfiniment. Il s'arrête après environ 15 Mo de HTML ou de texte. Tout ce qui dépasse est simplement ignoré.

📘 Une page visible pour un humain peut être partiellement invisible pour Google.

En pratique, ne vous fiez jamais uniquement à votre navigateur. L'inspection d'URL dans la Search Console permet de voir le HTML tel que Google le rend réellement.

Un résultat Google, ça se construit

Les résultats de recherche ne sont pas une simple reprise de vos balises. Google assemble un affichage à partir de plusieurs sources, selon ce qu'il juge le plus pertinent.

Un résultat textuel repose généralement sur trois éléments :

  • Le lien de titre : issu de la balise <title>, d'un <h1>, ou parfois des ancres de liens externes pointant vers la page.
  • L'extrait : généré à partir du contenu visible, de la méta-description ou d'attributs alt si le texte est insuffisant.
  • L'attribution : nom du site, favicon, URL ou fil d'Ariane.

Vous avez donc une marge de contrôle, mais elle n'est pas absolue. Si Google estime que vos balises ne sont pas pertinentes, il les remplace. Et ça arrive plus souvent qu'on ne le croit.

📘 Google ne respecte pas systématiquement vos balises. Il les utilise s'il les juge utiles.

Les directives data-nosnippet et max-snippet permettent pourtant de reprendre la main sur certains éléments de l'affichage, mais elles sont encore très peu utilisées.

"Découvert, actuellement non indexé" n'est pas une erreur

Ce statut est souvent interprété comme un bug technique. En réalité, c'est une décision.

Google a détecté l'URL, mais a choisi de ne pas l'explorer pour le moment. Cette décision repose sur un arbitrage entre la qualité perçue du contenu et les ressources disponibles.

Si un site présente un grand volume de contenus faibles, redondants ou peu utiles, Googlebot limite ses efforts. Inutile d'investir du budget d'exploration sur des pages qui n'apportent rien de nouveau.

Le problème peut aussi venir du serveur : lenteur, instabilité, erreurs 500 fréquentes. Dans ce cas, Google ralentit volontairement pour éviter de surcharger l'infrastructure.

📘 Google n'indexe presque jamais 100 % d'un site. Et ce n'est pas forcément un problème.

La vraie question est ailleurs : est-ce que ces pages méritent réellement d'être indexées ? Dans beaucoup de cas, la réponse est non.

La longueur ne fait pas le classement

Certaines croyances ont la vie dure en SEO : nombre minimum de mots, mots-clés dans l'URL, meta keywords… Tout cela est soit faux, soit marginal.

Google ne classe pas des longueurs. Il tente de satisfaire une intention. Un contenu long mais confus sera battu par une page courte mais claire, à chaque fois.

La seule vraie priorité est de produire un contenu pensé pour l'humain. Google propose d'ailleurs un cadre simple :

  • Qui est à l'origine du contenu ?
  • Comment l'information a été produite ?
  • Pourquoi ce contenu existe-t-il ?

L'E-E-A-T n'est ni un score ni un facteur direct. C'est un cadre conceptuel utilisé pour évaluer la pertinence globale des algorithmes. Rien de plus.

📘 Un article de 3000 mots qui tourne autour du pot perd face à 400 mots qui répondent directement.

Les liens internes ne servent pas qu'à naviguer

Les liens internes sont le système circulatoire d'un site. Ils aident les utilisateurs, mais surtout Googlebot à découvrir les pages et à comprendre la structure.

Pour être suivi par Google, un lien doit impérativement être une balise <a> avec un attribut href. Les navigations déclenchées uniquement via JavaScript créent des impasses pour le robot.

Beaucoup de sites modernes ont des menus entiers construits sans vrais liens HTML. Jolis, oui. Fonctionnels pour Google, non.

💡 Un lien que Google ne peut pas suivre est un lien qui n'existe pas.

Utilisez des ancres descriptives, vérifiez que vos liens sont explorables techniquement, et évitez la sur-densité inutile. Le reste suivra.

À retenir

Le SEO repose sur un équilibre simple : une base technique propre et un contenu réellement utile.

Comprendre que Googlebot est à la fois un explorateur, un moteur de rendu et un système de sélection change radicalement l'approche. Ce n'est pas un miroir parfait de votre navigateur.

La question finale reste toujours la même : est-ce que ce contenu existerait et serait utile si les moteurs de recherche n'existaient pas ?

Si la réponse est oui, vous êtes déjà sur la bonne voie. Le reste, ce sont des ajustements. Pas des recettes miracles.